Périple à Ispahan : jour 1

Comme tu as pu le constater, le blog était en vacance durant 15 jours. Je suis en effet parti à l’étranger où il mettait impossible d’écrire des articles ( merci bas débit d’internet et sites interdits ) : l’Iran. Tout expliquer en un seul article serait impossible tant il y a à dire et à voir. Je vais donc commencer ma série d’article sur ce voyage par mon séjour de trois jours à Ispahan et sa belle place Naqsh-Jahan

mosquée esfahan

Petit topo rapide sur la ville 

Ispahan ( اصفهان à prononcer Esfahàn ) est la capitale de la province du même nom. Elle se situe au sud de Téhéran et c’est la troisième ville du pays en nombre d’habitant. Elle est traversé par le Zayandeh rud ( mot à mot : rivière de vie ) ce qui lui donne un air d’oasis en plein milieu du désert. Il y fait très chaud en été d’où l’idée d’y aller ce printemps juste après les fêtes de Norouz. Ispahan fut la capitale de la Perse lors de la dynastie Safavide et la ville a conservé de nombreux et magnifiques édifices ce qui en fait une des villes les plus visitées du pays.

Trêve de bavardage début du périple…

Voyage jusqu’à Esfahàn

Deux jours avant le départ, nous apprenons que les vannes du barrage sur le Zayandeh rud ont été ouvertes ! Je suis heureuse, quelle idée d’aller voir des ponts mythiques sans eau qui passe dessous. Le jour J, nous prenons l’avion donc à l’aéroport de Tabriz où un monsieur au regard pas commode garda mon passeport assez longtemps pour me faire légèrement paniquer au moment du contrôle. Apparemment c’est normal, je suis étrangère, il vérifie. Il ne doit pas beaucoup y avoir de touristes dans ma belle ville de Tabriz, d’autres anecdotes me le prouveront.

Nous attendons donc d’embarquer avec Mahan Airline dans un bel Airbus A34…. ah ça ne ressemble pas à un Airbus ça ! C’est notre avion, mais c’est petit non ? Nous embarquons donc dans un BAe 146, un avion dont je n’avais jamais entendu parler de ma vie. Celui-ci démarre, roule jusqu’au bout de la piste de décollage, … reviens devant le hangar… Le commandant nous informe en iranien qu’il y a un problème sur le moteur numéro 2 qui devient le moteur numéro 1 dans son annonce en anglais.

Grosse ambiance quand on les voit traficoter avec leurs tournevis un moteur qui doit nous emmener durant 1h30 de vol ! Je suis déjà pas très fan de l’avion alors là j’ai le trouillomètre à fond ! On décolle enfin, je croise les doigts de la main, les orteils et je sers les fesses très fort. L’équipe de football locale, les Traktor Sazi de Tabriz, présents eux aussi dans l’avion n’en mènent pas large. Figures toi qu’au final cela s’est super bien passé. Je n’aime pas l’avion mais j’adore manger les plateaux repas et comparer les différentes compagnies. Mahan Airline n’a presque rien à envier aux autres  : on a eu un excellent djoudjeh kebab ( brochette de poulet ) au riz safrané digne d’un bon resto, chapeau ! Atterrissage en douceur, je pose le pied en terre d’Ispahan, prête à découvrir ces merveilles.

Mahan Airline

Non, non, je ne flippe pas

Plateau repas Mahan

Excellent ce djoudjeh kebab !

L’Hotel Kowsar, au pied de Si o Se Pol

Nous voulions lors de la préparation de notre voyage réserver nos chambre dans le mythique Hotel Abbasi, dont je te parlerai un peu plus bas, mais celui-ci était complet. nous avons donc pris nos chambres à l’Hotel Kowsar, un hôtel 5 étoiles au pied du fameux pont Si o Se Pol.

Une fois arrivé sur place, on nous proposa une suite au lieux des deux chambres séparées pour que nous puissions rester en famille. On se retrouve donc dans une grande chambre sous forme de duplex, avec salon et une première salle de bain en bas, les chambres et la deuxième salle de bain à l’étage. L’hôtel est très bien situé, le personnel est agréable et le buffet du petit déjeuner est très garni mais je ne donnerai pas 5 étoiles à cet établissement car il mériterait un petit coup de jeune. On pose les bagages, on se pose cinq minutes et on part découvrir Esfahàn, Nesfe Jahan ( Ispahan, la moitié du monde ).

Reception Kowsar Suite Kowsar

Le pont Si o Se Pol :

Son nom signifie « pont aux trente trois » arches. Il fut construit sous le règne de Shah Abbas vers 1600. C’est l’un des ponts les plus connu d’Iran. Nous l’avons donc observé de toutes parts. Les habitants d’Ispahan pique-niquent, jouent au volley ou se détendent tout simplement dans le parc alentour. L’eau était un peu boueuse dû à sa sortie du barrage, mais ce fut extrêmement agréable de s’y promener. On peut s’asseoir à son bord et regarder les autres promeneurs assis sous les arches. Le pont est magnifiquement éclairé de nuit.

Si o Se pol

Nous devant Si o Se pol

Arche de Si o Se pol

Mise en abime

L’Hotel Abbasi

Ce n’est pas parce qu’on n’a pas pu réserver de chambres dans l’Hôtel Abassi qu’on ne va y faire un tour. Le hall de réception est tout simplement splendide et très travailler. On pourrait prendre une chaise, s’asseoir et l’observer dans tous ses détails pendant des heures. Nous avons pris un thé dans le jardin persan de l’hôtel sous un doux soleil.Nous entendons la voix de français mais aussi de danois, chose qui ne mettait jamais arrivé à Tabriz. L’Hotel Abassi se nommait Shah Abbas avant la révolution islamique. Il était à la base un caravansérail sur la Route de la Soie.

hall hotel abassi

Allée du jardin persan

Allée du jardin persan

Printemps à l'hotel Abassi

Printemps à l’hotel Abassi

Qui veut du thé ?

Qui veut du thé ?

La place Naqsh-Jahan, میدان نقش جهان, « l’image du monde »

Ce fut la grande claque que je me suis pris en pleine figure. Oui, j’ai triché et regardé sur Google Image, les photos de cette place mythique. Cela n’empêche que dès que je l’aperçue, j’en ai eu le souffle coupé et la larme à l’œil, vraiment. Elle est gigantesque et en même temps on se sent comme dans un cocon. Tout y est calme, serein. Les gens posent un tapis sur la pelouse et prennent le thé, des étudiantes en dessin posent leurs croquis, certains dorment, d’autres observent.

La cohue des rues et des taxis à laisser la place à l’Histoire et son silence comme si le temps s’était arrêté. Cette place est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Il me semble que c’est la deuxième plus grande place au monde. L’intérieur de la place servait de terrain de polo que le roi observait du balcon de son palais, Ali Qapu. on peut aussi y voir la mosquée du Shah renommé la mosquée de l’Imam faisant face à la grande porte du bazar d’Ispahan. En face d’Ali Qapu se trouve la mosquée du Cheikh Lotfallah.

meidan Naqsh-Jahan Mosquée du Shah exterieur

Le Grand Bazar d’Esfahàn

Nous décidons de faire les visites de mosquées et palais le lendemain et nous commençons donc par faire un petit tour dans le Bazar. Un petit tour… qui dura à peu près trois heures car celui-ci est énorme. Il faut faire tout le tour de la place car l’enceinte même de celle-ci fait partie du bazar. Celui-ci continue après la grande porte situé au nord de la place. Tu trouveras forcement ton bonheur dans les boutique de sanaye dasti ( « fait main ») : entre la faïence du même bleu que les mosquées, les plateaux en métal, les nappes brodées ou peintes, les boites en marqueterie ( Khatam Kari ). Les prix ne sont pas tellement excessifs, même si on me dit qu’ils ont beaucoup augmenté depuis 10 ans.

porte du bazar

Porte du Bazar

bazar promenade

Promenade au bazar

bazar nappe

Marchand de nappes

Bazar esfahan métal

Bazar d’Esfahan

khatam kari

Sanaye dasti

Des chaussures à 15000 tomans

8h du soir, la faim commence à se sentir et surtout j’ai super mal aux pieds dans mes petits bottines. Sur le plan, les distances avaient l’air plus petites, je me trompais : à Esfahàn il faut marcher ! On s’arrête donc manger un sandwich saucisse, des piroshkis et un gros burger dans un endroit qui ne payait vraiment pas de mines.. Repas excellent et pas cher ! On déguste une glaçe sonati ( « traditionnel » au safran ) en regardant la place éclairée de nuit.

Nous décidons de rentrer à l’hôtel. Il faut savoir qu’en ce moment la rue principale est en travaux pour l’arrivée prochaine du métro ! Nous marchons, nous marchons depuis une bonne demi-heure, les rues sont de plus en plus vide de monde, les boutiques de plus en plus rare. Au bout d’une demi-heure, mon beau-père demande si on est bien sur le chemin. L’homme rigole et nous dit que nous partons à l’opposé. Fou rire générale, on rebrousse chemin.

Première boutique de chaussure que je trouve, nous demandons le premier prix pour des chaussures plates, je me retrouve avec des chaussures bateaux très très moche pour 15000 tomans ce qui équivaut à 3-4 euros. Nous sommes obligés d’expliquer la situation au vendeur qui nous voit pleurer de rire devant mes pieds tout endoloris. Ce détour m’aura permis de voir un four à pain d’où se dégageait une odeur exquise. On s’arrête à une épicerie pour acheter une bière sans alcool et quelques pistaches pour finir notre soirée en beauté à l’hôtel. Je vois petit à petit Si o Se Pol éclairé se rapprocher. Je traîne les pieds de douleur et de fatigue mais des étoiles pleins les yeux.

p_20160409_204502_1.jpgfour à painsi o se pol nuit

Dans le prochain épisode,…

Je te raconterai les visites des monuments mais aussi comment j’ai failli me noyer dans un jacuzzi, comment dire pansements en iranien et le scandale du restaurant traditionnel qui n’a pas d’oignons.

A bientôt

Mélanie

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6 Comments

  • Périple à Ispahan : jour 2 - Une Pincée de Safran 23 juin 2016 at 11 h 02 min

    […] grâce à son pont Si o Se Pol et de sa place Naqsh Jahan ( et pleins d’autres choses dans Périple à Ispahan : jour 1 ), nous partons en ce deuxième jour visiter un peu plus dans les détails « La moitié […]

  • Périple à Ispahan : dernier jour - Une Pincée de Safran 23 juin 2016 at 10 h 37 min

    […] volet de mes aventures à Ispahan, ( les deux premiers épisodes se trouvent ici et ici) séjour de trois jours qui suffisent largement pour de bons marcheurs car le plus gros des […]

  • Marie 18 avril 2016 at 21 h 24 min

    Bonjour,
    Ton article est très intéressant à lire et ne donne qu’une envie : visiter Esfahán (avec une bonne paire de chaussures!).
    Je n’ai aucun lien avec l’Iran et je n’y ai jamais été, mais j’ai depuis toujours une attirance pour ce pays. En 2009, j’étais à Londres et j’avais eu la chance d’aller voir une expo exceptionnelle sur toute une partie de l’art iranien du 17ème siècle sous le règne de Shah Abbas. C’était tout simplement splendide.
    Au plaisir de lire la suite de tes aventures! ☺️

    • Mélanie 19 avril 2016 at 0 h 11 min

      Bonsoir !
      Contente que mon article t’ai plu. Si un jour tu as l’occasion d’y aller, fonces ! C’est un pays tellement riche sous de multiples aspects 🙂 Si tu as Facebook, je te conseille de t’abonner à ma page pour être au courant des prochains articles 😀
      Bonne soirée ^^

  • denis doni 17 avril 2016 at 19 h 36 min

    J’aime 🙂 et si proche des mes expériences toujours renouvelé ( 3 voyages déjà sur Esfahan)

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