Cet article est la deuxième partie de notre séjour à Esfahan (Ispahan en français) en Iran. Le premier jour nous avons découvert Si O Se Pol, le pont aux trente trois arches, mais aussi la célèbre place Naqsh-e Jahan et son bazar. Cette fois, nous allons commencer par le quartier arménien de la ville, Jolfa pour revenir sur Naqsh-e Jahan et voir enfin la Mosquée du Shah. En route !

Jolfa : le quartier arménien

Après une très bonne nuit de sommeil, moi et mes pieds endoloris ( je suis désolé, mais tu vas en entendre parler de mes petits petons ), allons prendre un petit déjeuner des plus appétissant : kalbas ( une sorte de mortadelle ), sosis bandari ( des saucisses à la sauce tomates légèrement épicées), du fromages, des dattes, halva, des œufs. Bref, on adopte la technique du ” manges bien le matin, tu ne chercheras pas de quoi manger le midi”. De quoi économiser un repas. Je m’arme de mon manteau ainsi que de mon foulard. Je décide de continuer ma visite de la ville avec mes chaussures à 15 000 tomans ( alias “Mes chaussures à 3€”) histoire d’être au maximum du confort et nous partons direction Jolfa, ou “La Petite Jolfa“, nom d’une ville d’Arménie, qui se trouve à quelques rues de l’hôtel.

Quartier Jolfa

Nous commençons par chercher l’Eglise de Vank dont on m’a tant vanté la beauté. On pensait l’avoir trouvée mais nous entrons dans l’Eglise de Bethléem. Ambiance intimiste : personne ne s’y trouve à part nous, une cloche sonne et me rappelle à quel point je suis loin de ma Normandie natale. L’intérieur de l’édifice est magnifique : les murs sont couverts de fresques représentants différents passages de la Bible : l’endroit illumine par ses couleurs, rien à voir avec nos églises de pierre bien froides.

L’Eglise Bethléem

Nous partons ensuite en direction de l’Eglise de Vank ainsi que de son musée. Pareil et même encore plus, on lève les yeux et ne sait où regarder. Je tente par tous les moyens de me rappeler mes cours de culture biblique pour comprendre chaque fresque, en vain. C’est vraiment très impressionnant et solennel. On ne voit pas un seul morceau de pierre composant les murs : tout est peint. Seul bémol : les têtes des anges, qui ressemblent à des enfants-adultes bizarres, ils me font flipper. Visite du musée juste à coté de l’église : objets de culte, bibles aux écritures et aux miniatures les unes plus belles que les autres, une partie parle du génocide arménien.

Sharbatkhaneh


Ballade dans les rues de la “Petite Jolfa” où on s’arrête à Sharbatkhaneh bahar narang (شربت خانه بهار نارنج) , un salon de thé et de sirop, malheureusement on y ravie plus nos yeux par la beauté du lieu que nos estomacs par les mets qui y sont servis.

Promenade sur le Zayandeh Rud

Nous décidons de marcher tout le long de la rivière pour découvrir les beaux ponts d’Isfahan. Quelques photos avec cette fois-ci du soleil devant Si o Se Pol, et nous marchons, nous marchons, nous marchons vers le pont Khaju. C’est drôle comment sur une carte, les lieux nous paraissent tellement proches les uns des autres. Et bien non, c’est un leurre. Des hommes se reposent allongés sur la pelouse. L’un d’eux nous sort : “Khaste nabashid” ( littéralement ” Ne soyez pas fatigués” ).Qui en France te sort dans la rue en te voyant marcher ” Ne soyez pas fatigués ! ” Les iraniens ont le chic pour nous sortir une phrase hyper polie à n’importe quel moment. Résultat : je ne sais jamais si je dois répondre ou pas.

Première pause le long des flots, une petite douleur commence à pointer le bout de son nez au niveau de mes orteils. Mais je suis une wineuse, même pas peur. Nous marchons, donc, et oh… un pont en vue, on sort les appareils photos, le caméscopes : “Alors là, on est devant le pont Khaju, on a bien marché… hein quoi c’est pas le bon pont ?”. Et non, ah l’appréciation des distances… C’était le pont Joui.

Nous arrivons enfin au Pont Khaju et ses marches paisibles où il fait bon s’asseoir.Nous nous accordons une pause bien méritée. Qu’il est agréable ce pont et ses eaux tourbillonnantes. On s’endormirait presque, bercé. Mais on se remet en route direction la Mosquée du Shah.

La Mosquée du Shah, enfin de l’Imam et le palais Ali Qapu

Nous prenons le taxi, jusqu’à la place Naqsh Jahan pour enfin visiter la Mosquée du Shah qui s’appelle plus comme cela depuis la Révolution Islamique : elle se prénomme donc la Mosquée de l’Imam. Même Google Map ne sait plus où donner de la tête puisqu’il n’arrive pas à choisir et donc mets les deux noms !

Nous entrons donc dans cette magnifique mosquée et on m’avait prévenue, il y avait peu, le lieu était en rénovation. Bon, eh bien, il l’était toujours. La cour intérieur était surplombée d’échafaudages et de bâches. Impossible pour moi de prendre conscience de sa grandeur. Première grosse déception. De toute façon, on dira de moi que je suis malchanceuse, car pratiquement tous les lieux que nous allons visiter seront en rénovation grr. Bref, je m’attarde donc sur les murs turquoises couverts de céramiques et je me place au centre  de l’immense coupole, c’est à en donner le tournis. Ici se trouve une dalle noire : si l’on se place ici, tout ce qu’on dit est répété par l’échos, sept fois parait-il, mais j’étais trop pudique pour tenter le coup devant tous les touristes.

Mosquée du Shah
Entrée de la mosquée

Après la Mosquée du Shah, nous visitons ensuite le palais Ali Qapu dont le tàlàr ( sorte de grand portique ouvert ) était … en rénovation, décidément. Le palais est lui aussi magnifique : au dernier étage se trouve une salle de musique remplie de niches pour améliorer l’acoustique. Du tàlàr, on peut voir toute la place qui est vraiment impressionnante. D’ici le Shah assistait au match de polo, des démonstrations de tirs ou de combats. Par contre, je pensais que les gens des années 1600 étaient moins grands que nous, non ? Monter les marches du palais fut une activité très sportives, celles-ci sont vraiment haute, impossible de les prendre en courant. Il fallait avoir de l’endurance pour espérer rencontrer le Shah.

Pansement, Jacuzzi tueur et Restaurant Sonati

Mes beaux-parents décident de refaire un tour de Bazar, Monsieur A. et moi partons acheter une belle nappe que j’avais repéré la veille et nous rentrons direction l’hôtel. Je me mets à chercher du regard une darou khané : une pharmacie ! Je sens qu’il va me falloir des pansements, j’ai des ampoules aux pieds. “Tu as très mal ?” Non, répondis-je en souriant et en serrant des dents ! Tu parles, j’ai trop mal ! Impossible de trouver une satané darou machin truc ! Heureusement j’en avais repairé une près de l’hotel. Nous tentons le mot “pansement” devant le pharmacien qui nous comprend direct ( beaucoup de mots viennent du français), je le remercie avec mon plus beau sourire et nous rentrons dans notre chambre.

Je pleure devant mon petit orteil et sa cloque en forme de balle de golf et je décide de prendre du bon temps dans un jacuzzi. Je commence par le remplir d’eau et m’y installe. Monsieur prend une douche juste à coté. J’active le mode “bubulle” ! Oh la la, c’est que ça fait un boucan du diable ça ! Comme si j’allumais 10 aspirateurs en même temps, c’est normal ? Monsieur A, insiste : ” tu t’en fous, profites-en !” Ok, j’en profite…jusqu’au moment où des jets se mettent en route d’atterrir droit dans ma face.

Ce jacuzzi a voulu me noyer ! Moi qui voulait ne pas me laver les cheveux ! Chéri explose de rire, sort de sa douche : “Eh, mais le jacuzzi, il fuit ?” De l’eau qui commence à ruisseler sur le sol, on arrête tout et on éponge, on éponge pendant dix bonnes minutes. Je vous avez prévenu que l’hôtel Kowsar était vieillissant !

Naqsh-e Jahan

La première partie de notre carnet de voyage à Esfahan se trouve ici.

Le soir, nous allons manger dans un restaurant sonati ( traditionnel) à l’intérieur de l’hôtel où l’on peut manger des plats traditionnels tout en écoutant de la musique…traditionnelle ! Alors apparemment, c’était le jour de repos du groupe puisque les concerts ne reprenaient que le lendemain. Malchance quand tu nous tiens. Nous prenons des joojeh kebab ainsi que du koubideh (brochettes de poulet et de viande de bœuf) qui nous sont servis avec du pain, une tomate braisée et… des oignons ? “Lotfan piaz darid ?” “na bebakhshid” Enfer et damnation : quel restaurant ne sert pas d’oignons avec ses brochettes ?!? La déception et l’incompréhension se lisent sur le visage du Monsieur A., il est comme on dit si bien, “sur le cul”. Heureusement, ces brochettes étaient excellentes et très goûteuse. “Encore heureux, déjà qu’ils ont pas d’oignons…

Après la Mosquée du Shah, on fait quoi ?

Arrive bientôt la fin de ce carnet de voyage à Esfahan. Lors de notre dernière journée, nous irons voir Chehel Sotoun, et je vous expliquerai comment je me suis retrouvé dans le cockpit d’un avion,…

Mosquée du Shah

8 Comments

  1. Pingback: Périple à Ispahan : dernier jour - Une Pincée de Safran

  2. Pingback: Vacance : je mets quoi dans ma trousse beauté ? #Concours ! – Une pincée de safran

  3. Encore un superbe article, merci de nous faire partager votre voyage!
    Les monuments sont tout simplement somptueux, je n’en reviens pas! Je n’ose imaginer ce que ça doit être de les voir “en vrai”.

  4. OMG Je découvre ton blog et tombe sous le charme grâce ton article. Je suis entre deux chargement de photos pour mon article alors promis je reviens vite dévorer tes articles sur l’Iran. Ca change des articles de destinations à la mode et c’est un pays que je rêve de visiter!!!

    • J’attends alors ton retour sur le blog avec impatience . contente qu’il te plaise. L’Iran est une magnifique destination et mérite à etre connu . D’un autre coté j’aime son coté “pas trop connu” comme si nous étions des privilégiés, les gardiens d’un secret

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