Recette d’Iran : Khoresht Havidj, le plat de Mamie Ashraf

Ce n’est pas de saison avec le beau temps qui arrive, mais il n’y a jamais d’excuse pour ne pas manger un bon plat iranien ! Aujourd’hui, je te donne ma recette de Khoresht Havidj : un ragoût à base de viande et de carotte.

Khoresht Havidj : la recette de Mamie Ashraf

Si tu as déjà lu d’autres articles sur ce blog, tu sais alors que je suis allée en Iran et que ce pays est cher à mon cœur. J’ai pu y rencontrer une grande partie de la famille de Monsieur A et il y a surtout une personne qui m’a marqué : Mamie.

Mamie, qui s’appelait Ashraf, était donc la grand mère de Monsieur A. Elle a toujours été très attentionnée avec moi alors que je n’arrivais pas à aligner deux mots en iranien. De toute façon, on aurait pas pu se comprendre. Elle parlait très peu persan elle aussi car elle parlait azéri (une langue qu’on parle en Azerbaïdjan iranien).

 

On rigolait bien avec elle, car elle nous surprenait toujours. Ne sachant pas écrire, elle avait un petit carnet avec les numéros de téléphone. Devant chaque numéro, elle avait dessiné quelque chose : une fleur pour le fleuriste, une piqûre pour le docteur… Mamie, c’était un sacré phénomène. Elle n’arrivait jamais à se rappeler de mon prénom. En même temps, des Mélanie, on n’en croise pas à tous les coins de rue en Iran ! Alors je suis devenue Mélamine, comme la vaisselle en plastique et enfin Melika. 

Dans la cuisine de Mamie

Elle aimait manger et elle était très curieuse à ce niveau là. En plus, c’était une excellente cuisinière. Un matin alors que tout le monde dormait, je l’ai vu préparer à manger. Je me suis assise devant elle, j’ai pris une petite aubergine et un couteau et elle m’a souris. Nous avons préparé ensemble grâce à des gestes, des mimes, et des sourires un excellent plat de dolmeh bademjoon va felfel. Elle insistait toujours pour me faire manger des aubergines alors que je déteste ça : « Bokhor bokhor, khoube ! » (« Mange, mange c’est bon ! ») C’était comme un petit jeu entre elle et moi.

Monsieur A lui réclamait toujours son Adas Polo, ce plat de riz et de lentille. Pour mon beau frère, elle avait disparu toute une matinée pour aller chercher des épis de maïs, Balal, pour les faire griller au feu alors qu’elle ne pouvait presque plus marcher. Elle aimait tant nous faire plaisir avec ses bons petits plats… Pour moi, c’était son Khoresht Havidj. Pourtant je ne suis pas une grande amatrice de viande d’agneau mais avec elle tout avait un autre goût. La tomate, les carottes fondantes, le tahdig tout doré et le riz léger comme des flocons de neige, c’était juste divin. Nous revenions du bazar et elle nous attendait avec une sorte de boisson froide à base de glaçon, de yaourt, de menthe et quelques pétales de roses. Nous mangions notre plat en racontant notre matinée entre deux gorgées de coca ou de Dough. Et elle nous resservait à chaque fois  » Kam bokhor, hamishe bokhor !  » :  » Mange peu, mange toujours ! « 

La recette pour un bon Khoresht Havidj

Après t’avoir livré tous ces bons souvenirs, tu es peut-être en train de saliver donc je vais enfin te donner la recette ! Il faut avoir une bonne heure devant soi, c’est mieux ( sans compter le trempage du riz ).

Les ingrédients pour Khoresht Havidj

Pour environ 4 personnes, ou comme dirait Monsieur A « ou pour deux iraniens ! » :

  • 240 gr de riz iranien ou de basmati
  • 2 grosses pommes de terre
  • de l’huile végétale
  • 600 gr de viande. Normalement, on prend de la souris d’agneau mais c’est aussi très bon avec du poulet.
  • 6 grosses carottes
  • un gros oignon
  • du concentré de tomate
  • du curcuma
  • sel et du poivre

La préparation de ce plat plein de souvenirs

Alors attention, un plat iranien demande du temps et de l’attention. C’est délicat et on ne cuit pas le riz n’importe comment : il faut le bichonner ! Mais le jeu en vaut la chandelle car c’est juste un pur délice. 

On commence par faire tremper le riz pendant quelques heures dans une eau tiède et salée. Pendant ce temps, il faut éplucher les carottes et les couper. Là, il y a deux écoles : les couper en rondelles fines (ce que j’aime) ou en fins bâtonnets d’environ 5 cm (ce que Monsieur A préfère, mais ça donne plus de travail). On coupe aussi l’oignon en fins morceaux.

Dans une casserole, on met l’oignon à cuire avec un peu d’huile d’olive jusqu’à ce qu’il soit fondant. Pendant ce temps, dans une grosse marmite ou casserole, on met une grosse quantité d’eau salée pour cuire notre riz. On lave celui-ci plusieurs fois à l’eau tiède pour en enlever tout l’amidon. Avec ça, ton riz basmati ne collera pas.

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Une fois les petits morceaux d’oignons bien translucides, on y met une cuillère de curcuma et on y fait revenir les carottes pendant quelques minutes. Cela va éviter qu’elles partent en purée ensuite. En attendant, on fait cuire son riz. On le met dans l’eau salée, on ne remue qu’une seule fois pour éviter de casser les grains et lorsqu’ils sont al dente, on verse le tout dans une passoire fine et on le rince à l’eau froide.

Les carottes sont bien tendres mais toujours fermes, il est temps de mettre la viande à braiser quelques minutes. Une fois la peau bien dorée, on ajoute du sel et du poivre, ainsi que deux cuillères à soupe de concentré de tomate. On mélange bien le tout, on ajoute deux verres d’eau et on laisse mijoter à couvert une bonne demi-heure.

Il est temps de finir notre riz. On reprend notre grosse marmite et on y met un bon filet d’huile. Il faut mettre des rondelles de pomme de terre au fond pour créer le Tahdig, le gratin. On dépose le riz en pluie dans la casserole. Il faut que le riz soit posé comme une pyramide dans le récipient pour permettre à la vapeur d’aller partout. On verse sur le dessus un filet d’huile et on couvre la marmite d’un torchon et d’un couvercle pour que le tout soit bien hermétique. On fait cuire le riz comme cela à feu doux pendant une bonne vingtaine de minutes.

Après l’effort, le réconfort.

Dans une assiette, on dépose une portion de riz, du tahdig et bien sur le Khoresht Havidj. On boit traditionnellement du cola ou du dough, une boisson au yaourt. Je te conseille aussi de le déguster avec des morceau d’oignons crus, c’est excellent. Une cuillère de Khoresht, un morceau d’oignon, et miam !

Cette recette me tient à cœur car c’est en sorte ma « Madeleine de Proust » et malgré tout mes efforts, le Khoresht Havidj de Mamie restera toujours le meilleur. Tu peux aussi rajouter des dattes mais nous ne sommes pas trop fan du sucré salé à la maison et je n’ai pas connu cette recette comme cela. De ton coté, il ne reste plus qu’à mettre ton tablier, et j’attends ton commentaire avec impatience. N’hésites pas à partager cette recette, cela me fera énormément plaisir !

 

 

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3 Comments

  • lladymum 16 juin 2017 at 13 h 20 min

    Miammmm 😳😍

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  • Les Petits Plats de Mouna 3 juin 2017 at 11 h 01 min

    Merci beaucoup d’avoir partagé ces souvenirs avec nous, cela m’a fait voyagé en Iran (je rêve d’aller dans ce pays depuis longtemps) ! Je garde la recette de côté car elle semble vraiment délicieuse 🙂

    Reply
  • ledelicieuxmarketing 3 juin 2017 at 10 h 49 min

    Cette recette a l’air vraiment excellente ! Merci pour ce partage ! J’adore découvrir de nouvelles recettes world food et ça fait plaisir de lire des recettes quand c’est écrit avec passion ! Il n’est que 10h mais tu m’as déjà donné faim lol

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