peur de l'avion

J’ai peur de l’avion mais je veux voyager. Témoignage et Astuces

Si tu te retrouves ici, c’est que toi aussi, tu sers les fesses quand la gentille dame avec son petit chignon te donne ta carte d’embarquement.  » Pas le hublot, pas le hublot « . J’ai peur de l’avion, mais pourtant je le prends 4 à 6 fois par an. Alors comment se manifeste ma peur ? Qu’est ce que je fais pour avoir moins peur de l’avion et pour pouvoir continuer de voyager tout autour du globe ?

Peur de l’avion : toute première fois

« Toute première fois, tout toute première fois… » On se rappelle tous de notre toute première fois en avion. Et si ce n’est pas encore fait, crois moi, tu t’en souviendras toute ta vie. Mais il n’y a pas de quoi commencer à stresser.

Il y a des personnes qui vont avoir peur de l’avion sans jamais l’avoir pris et qui une fois dedans se sentent comme un poisson dans l’eau. Ou plutôt, un oiseau dans les airs… D’autres vont commencer à avoir peur de l’avion suite à un vol particulier ( turbulences, équipage stressant, etc… ), après quelques voyages ou même des dizaines. Et enfin certains vont être super excités de prendre l’avion pour la première fois et vont être tétanisés du décollage à l’atterrissage. Et ça, c’est moi !

Ma première fois : destination Marrakech

Mon premier vol fut un Paris-Marrakech à bord d’un avion de Royal Air Maroc. J’étais hyper méga excitée. Premier voyage avec Monsieur A., premier passeport,premier avion,… Bref, c’était tout un beau mélange de nouveauté, d’inconnu et d’adrénaline.

Je veux être coté hublot car je veux voir le décollage ! Je ne veux rien louper. Arrive alors le moment du petit speech du commandant de bord en français puis en marocain. « Inshallah Marrakech, inshallah 40°C… » Alors oui je sais, c’est dans le langage de dire inshallah mais entendre le pilote demander l’aide de Dieu ne m’a pas rassurée.

On arrive sur la piste de décollage et c’est parti. « Oh regarde comme on monte vite, regar… » ah bah non, je ne regarde plus, on va trop vite, trop haut, han mais c’est quoi ce virage de malade… je me crispe de suite. Moi qui avait insisté pour avoir le hublot, je n’arrive plus à regarder à travers celui-ci.

« Han Bébé c’est quoi ce bruit ?

– C’est les trains d’atterrissages qui rentrent

– ah. »

 

« Han Bébé je sens de l’air sous mes pieds…

– Ça s’appelle la clim. Tu pensais pas qu’il y avait un trou dans l’avion ?

– Euh non bien sur… »

Et arrive le moment d’arriver à Marrakech. Je ne sais pas si c’était le pilote, ou les montagnes pas loin, mais alors on aurait dit qu’il descendait d’un coup comme un hélico. Ça tremblait vraiment beaucoup, j’était cramponnée, livide,… Et là Belle Maman me regarde et sort la phrase ultime :  » T’inquiète pas, normalement c’est jamais comme ça ».

peur de l'avion

Peur de l’avion comment cela se manifeste t-il ?

On remarque tout de suite quand mon angoisse prend le dessus.

  • Pendant le décollage

Je me cramponne et je sers toujours très fortement la main de Monsieur A. (ou sa cuisse, désolée encore pour les bleus). Collée au fond de mon siège,  je ferme les yeux. Je n’ouvre pas les yeux tant que l’avion n’est pas à la bonne altitude. Tant que l’avion est en montée, je flippe. Si j’ai le malheur de voir la vue du hublot lors d’un virage, un « Oh mon dieu » sort de ma bouche.

  • Lors du vol

Je suis du genre hyper active : je gigote dans tous les sens, je sors un livre pour le ranger 5 minutes plus tard. Je mets les écouteurs, j’enlève mes écouteurs, je mets un film, non pas celui-là, celui-ci, ah bah non… A tout moment, je guette la venue du chariot à boisson histoire de me détendre un peu.

Pendant tout le vol, ma ceinture est solidement attachée. Je suis déjà restée 7h assise (Paris-NYC) avec une envie de pipi car j’avais trop peur d’y aller. Le voyant « ceinture » s’allume et là j’angoisse, la moindre secousse me fait sursauter jusqu’au « plafond ». Si un jour les masques à oxygène tombent de leurs cachettes, je hurle et je m’évanouis, c’est sur.

  • Et c’est pas fini

Je suis sur d’être la seule qui écoute aussi attentivement les consignes de sécurité du personnel de bord. Je pourrais faire les poches de tous les passagers pour vérifier que TOUS les portables soient au moins en mode avion. Mais si c’est éteint c’est mieux ! Eh oui, toi le Monsieur sur le vol Bruxelles-Paris, je t’ai bien fusillé du regard mais c’est pas au bout de 15 min de vol que tu l’éteins, ton portable.

Tu savais que les moments les plus risqués c’est le décollage et l’atterrissage ? Que les deux pilotes n’avaient pas le même plateaux repas au cas où l’un des deux aurait un soucis digestif ? Et aussi que le personnel de bord veut que tu ouvres le volet de ton hublot lors de l’atterrissage pour pouvoir voir rapidement l’extérieur en cas de danger ? Moi je sais tout ça car je ne peux pas m’empêcher de psychoter ! Bref, tu l’auras compris je pourrai faire stresser tout un avion à moi toute seule.

 

D’où vient ma peur de l’avion ?

Malgré le fait que je prends l’avion deux à six fois par an depuis quelques années maintenant, j’ai peur. Surtout quand j’enchaîne les vols avec de courtes escales car je n’ai pas le temps de m’en remettre. Ça se manifeste souvent par des larmes, discrètes par pudeur et par honte, mais des larmes tout de même.

Je pense savoir d’où vient cette peur de l’avion. Je n’ai aucun contrôle ! Rien, nada !

Alors tu vas me dire que c’est aussi le cas dans d’autres moyens de transports ! J’ai envie de dire oui et non. J’ai toujours des alternatives ou des moyens de me rassurer. En voiture, je peux surveiller que le conducteur ne s’endorme pas, surveiller la route et au pire, je saute de la bagnole, hein… ( je n’ai pas dit que mes moyens de me rassurer étaient crédibles ou plausibles ). En train, j’ai le bouton d’alarme et en bateau, les canots de sauvetage.

En avion, je n’ai rien. Pas de parachute, pas de filet, et si je tombe c’est clairement la cata. Et je ne pourrais rien y faire. Un plongeon dans l’Atlantique, je peux te dire que je n’aurai pas le temps de trouver une porte en bois pour flotter et attendre qu’on vienne me secourir. Je déteste ne pas avoir le contrôle sur ce qu’il se passe. Je hais l’imprévu et cela se voit aussi dans mes voyages. Impossible pour moi d’arriver sur place en mode « roots », à l’arrache, sans résa d’hôtels ou autres.

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Que faire contre la peur de l’avion ?

Avant le vol

Il faut se détendre et éviter tout ce qui peut stresser ! Pour cela, je recommande l’organisation. Autant dans ma vie je suis hyper bordélique mais lorsqu’il s’agit de voyager, tout doit être carré.

Je vérifie une semaine avant que j’ai bien tous les papiers nécessaires ( résa d’hotels, billets de train,…). Ça me laisse une marge de quelques jours pour imprimer les derniers oublis.

Je ne fais pas ma valise au dernier moment. Premièrement, ça évite les crises du genre  » où ai je foutu ce satané bordel de … ?!?  » et ça permet de bien la ranger, de se rappeler d’un dernier petit truc que notre mémoire aurait occultée ( « ah tiens mon passeport… »)

Avant d’arriver à l’aéroport, je n’hésite pas à vérifier mon terminal si il y en a plusieurs, histoire de ne pas courir dans tous les sens. Certains aéroports ont leur propre application mobile. On a juste à rentrer nos informations de vol et ça nous dit tout : quel terminal ? Quand et où se passe l’enregistrement ? 

Dans mon bagage à main, je met tout ce qui pourrait m’être utile pour mon vol : bouchons d’oreilles, bandeau de nuit, magazines, bouteille d’eau,…

Pendant le vol 

Pendant le vol, je fais tout pour m’occuper l’esprit et ne pas penser au fait que je suis dans une carlingue de métal, avec des ailes, à je sais pas combien de mètres d’altitude. Tous les moyens sont bons : 

  • Dormir. Cette méthode est géniale. La bonne grosse sieste dans l’avion permet de faire passer les heures de vol sans s’en rendre compte. On trouve une position agréable, bouchons d’oreilles, bandeau de nuit et c’est parti. Faut-il encore y arriver, car malgré une fatigue extrême ( 30h sans dormir lors de mon retour du Canada ), impossible pour moi de dormir dans un avion.
  • Manger. Manger est une de mes activités favorites en avion. J’ai un classement personnel des meilleurs plateaux repas. Je compare, j’analyse et quand je mange, je pense moins au fait que je vole ! Alors oui, en voyageant en classe éco, le repas servi ne sera pas aussi bon qu’un resto étoilé mais pendant une bonne demi heure, tu auras fait du bien à ton bidou, en discutant ou pas avec ton voisin de rangée. 
  • Boire.  Boire un peu de vin ou de champagne permet de se détendre. Mais attention, sais tu que l’alcool a plus d’effets sur le corps lorsqu’on est en avion ? De plus, l’alcool favorise la déshydratation alors que le corps a besoin de plus d’eau lors d’un vol. 
  • Occuper son esprit. Lire, regarder un film, faire des mots fléchés, dessiner, … 
  • Harceler son voisin en mode « Rassure moi, j’ai peur ». Bon on se doute que c’est pas le meilleur moyen surtout si il fait semblant de s’endormir au bout d’une minute de discussion. Mais faire connaissance avec son ou sa voisine de siège est un bon moyen de passer le temps.
  • Prendre des médocs. Certains prennent des calmants avant un vol. Personnellement, je n’en utilise pas car je n’aime pas les médicaments et en plus je n’arrive pas à les avaler.
  • Faire un stage. Faire un stage demande souvent une bonne journée et aussi de l’argent (de 300€ à plus de 600€). Tu passes la journée avec des pilotes ou des techniciens qui parlent de leur métier et qui répondent à toutes nos questions. Certains stages proposent des simulateurs de vol. Je n’ai jamais fait ce genre de stage. Trop radine pour ça.

Après

  • Faire le bilan. Faire le bilan de son vol. Il y a eu des turbulences, et alors ? On est bien arrivés, c’est ce qui compte. Après plusieurs vols, je sais déjà exactement à quel moment je vais avoir peur ce qui me permet de travailler là-dessus.
  • Se féliciter et être soutenu(e) : lors de mon trajet Paris-Montréal, Monsieur A. a trouvé que j’étais moins stressée que d’habitude et ça m’a fait énormément de bien d’entendre cela. Est ce que cela irait de mieux en mieux ? N’hésite pas à te féliciter d’affronter tes peurs et dis toi que si tu ne le faisais pas tu serais passé(e) à coté de bien des voyages et de découvertes ! 

Avoir peur de l’avion n’est pas une fatalité mais c’est vraiment pas évident de s’en sortir. Les gens en rient d’ailleurs parfois, ne comprenant pas notre peur irrationnelle. Alors parles en autour de toi pour être soutenu(e) pendant ton prochain voyage. Expérimente et trouve ta méthode qui te permet de te détendre. Et surtout dis toi que la récompense se trouve à l’arrivée! Sans tous ces voyages en avion, je n’aurais jamais vu l’Iran, Tokyo, ou même New York…

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2 Comments

  • delautrecotedumondeadeux 4 octobre 2018 at 2 h 29 min

    Bonjour, je suis très surprise car je me reconnais à 100% dans votre article (la peur du décollage et de l’atterrissage, ne pas pouvoir dormir dans l’avion, ne pas réussir à avaler de médicaments…) j’ai pris l’avion pour la première fois il y a 14 jours et depuis je l’ai déjà pris 5 fois. Aujourd’hui je décolle direction l’Australie ( 2 vols dont un de 9 heures). Je ne suis toujours pas à l’aise à l’idée de prendre l’avion mais je n’ai pas vraiment le choix. Puis je suis fière de réussir à surmonter mes peurs.. en tout cas super article.

    • Melanie 4 octobre 2018 at 8 h 29 min

      Bonjour. Merci pour votre reaction ça me fait super plaisir. Je vois que je ne suis pas la seule et ça me rassure un peu ! Plus serieusement, bon courage pour ce vol : detends toi bien, met toi à l’aise et surtout masse toi les jambes et leve toi de temps en temps pendant ton vol de 9h

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