Si il y a une chose que je voulais voir lors de notre voyage en Azerbaïdjan, ce sont les volcans de boue dans la Réserve de Qobustan. Je n’ai jamais eu l’occasion de voir de volcans de près alors c’était l’occasion. Même si ce ne sont pas des volcans qui crachent de la lave, ils sont tout de même extrêmement intrigants et impressionnants.

Aller à Qobustan : entre désert et vieille Lada …

Aller dans la Réserve de Qobustan (qu’on prononce “Gobustan“) peut être toute une épopée. Venir ici, à plus de 60km de la capitale du pays, Bakou (Bakı), demande une petite organisation. Je vous donnerai tous nos conseils pour cela à la fin de ce post. Dans notre cas, nous avons opté pour un chauffeur privé qui, en une journée, va nous emmener dans les endroits mythiques de la région de Baku : les volcans de boue et les pétroglyphes de Qobustan, la mosquée Bibiheybət, le temple Ateshgah et la Montagne du Feu, Yanar Dag.

Notre chauffeur, Rafael, vient nous chercher à notre hôtel dans une belle Mercedes et c’est parti pour la Réserve de Qobustan. Nous prenons la route et nous nous retrouvons dans la circulation dense de la capitale. Cela fait quelques jours que nous sommes à Bakou et je ne m’étais pas rendu compte à quel point la ville est grande… Elle parait sans fin et les embouteillages me donnent des sueurs froides. Tout le monde joue des coudes, appuie sur l’embrayage et essaye de se frayer un chemin dans cette cohue.

Mad Max azéri : désert et tôles rouillées

Nous quittons enfin Bakou, ses jolis parcs, ses beaux buildings et ses résidences du centre ville qui font place à la banlieue plus pauvre et à de grandes autoroutes qui traversent une sortes de lande désertique. Ici et là, entre les stations essences et les petits villages sur le bord de la route, nous apercevons de vieilles plateformes pétrolières émergeant de la Mer Caspienne. Il n’y a plus de pétroles ici, il faut aller plus loin. Alors ces dames de fer attendent, toutes rouillées et vieillissantes, qu’un jour peut-être, on les détruise….

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Le long de la route, nous voyons les gens à pied en train de nettoyer les abords de la voie. Tout d’un coup, un vieux train sort de nulle part et traverse cette lande de plus en plus sèche, de moins en moins verte. On se croirait presque dans un remake de Mad Max. Derrière, une montagne se dresse. Ce que je ne savais pas alors c’est qu’il s’agissait de mon premier volcan de boue.

Qobustan en Lada

On quitte la voie rapide pour arriver dans la petite ville de Qobustan. On arrive alors près d’un gros rond point où se trouve plusieurs voitures à l’arrêt. Notre chauffeur se gare sur le bas coté et on se regarde. “Euh on n’est pas du tout devant les volcans de boue là!”. En effet, on change de voiture ! Hors de question d’abîmer la jolie Mercedes. Un homme s’approche de nous et nous invite à monter dans une Lada. Connaissez vous les Lada ? Ce sont des voitures hyper commercialisées pendant l’époque communiste et on en trouve partout dans les pays de l’Ex-URSS. Le truc un peu génial et aussi inquiétant, c’est qu’on a l’impression que la voiture va se renverser à chaque virage.

Notre chauffeur, qu’on a surnommé le “Schumacher de l’Azerbaïdjan”, démarre et on quitte la route pour une sorte de piste. Pas besoin de mettre la ceinture, c’est notre Schumi qui nous l’a dit ! Il n’empêche que je choisis de mettre la mienne. Et c’est parti pour un bon quart d’heure de bosses et de cailloux. On traverse la lande désertique en évitant les gros nids de poule. Le paysage est presque surréaliste, on a l’impression d’être sur Mars. On est vraiment chahutés dans la voiture, on se cogne la tête en haut en bas, comme dans un vieux manège. Lors de la dernière grosse côte, j’ai vraiment cru que la voiture aller basculer en arrière, mais nous arrivons à bon port.

Les Volcans de Boue à Gobustan

On arrive sur un plateau avec une vue exceptionnelle sur la vallée. Cette sensation d’être sur une autre planète nous suit encore surtout lorsque nous nous sommes retournés. On se retrouva nez à nez avec des monticules de terre plus ou moins grands, certains atteignant au moins les deux mètres de haut. Nous sommes devant les fameux volcans de boue, enfin les plus petits.

Les volcans de boue ont à peu près le même fonctionnement qu’un volcan normal. Sauf qu’ils ne projettent pas de la lave mais une sorte de boue composée d’argile et d’eau. Les gaz contenus dans les couches de la surface terrestre se frayent un chemin jusqu’à la surface. Pendant ce temps, les fluides et les sédiments remontent eux aussi avec ce gaz, et voilà. Avec le temps, la boue sèche autour des cratères ce qui va donner la forme conique de nos volcans. La plus grosse concentration de volcans de boue se trouve justement en Azerbaïdjan.

Envie d’un masque à l’argile ?

On commence à marcher alors parmi ces volcans de boue dont on entend les clapotis. On arrive devant notre premier cratère et j’ai un peu peur de me pencher au dessus. Je n’ai pas très envie de me prendre une éruption de bouillasse en pleine face ! “Allez y, c’est sans aucun risques!” nous dit notre guide Rafael. On s’exécute alors et le volcan nous parait presque sans fond, comme un puits.

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On va ensuite de volcan en volcan, quand on entend une minuscule et petite détonation ! Sans vouloir faire dans le mauvais goût, c’est entre le bruit d’un rot, d’un pet gras ou d’une baignoire qui se vide. On se retourne et on voit de la boue tomber du ciel sur le sol ! Comme quoi, j’avais bien raison de ne pas laisser ma tête au dessus… “Patdade !” (“Ça a explosé”) m’exclamais-je. Voilà, j’ai enfin réussi à sortir le seul mot que je connais en azéri ! On peut dire dorénavant que je suis bilingue, ou presque.

Rafael nous expliqua que la boue des volcans est très prisées des voyageurs, surtout des touristes russes. Apparemment, les gens viennent avec des bouteilles en plastique vides pour les remplir ici et s’en faire comme des cataplasmes ou des masques de beauté. Dans les plus gros cratères, certains prennent même des bains. Franchement, en bonne trouillarde que je suis, je ne sais pas si j’irai dans une de ces baignoires naturelles dont on ne voit pas le fond…

Comment se rendre aux volcans de boue de Qobustan

Se rendre dans la réserve de Qobustan n’est pas une chose très aisée et cela peut être compliqué de s’y rendre seul(e). Plusieurs options sont possibles :

  • En Taxi : prendre un taxi depuis Bakou ne va pas vous coûter un bras mais cela ne sera pas non plus la solution la plus économique. Mais surtout, vu que l’emplacement des volcans n’est pas du tout indiqué, il faut s’assurer que le chauffeur connaisse très bien l’endroit. De plus, certains refuseront de vous y emmener à cause de l’état de la piste.
  • En Bus : Depuis Bakou, vous pouvez prendre le bus n°195 et descendre à Qobustan ou plus au sud à Ələt (qui se prononce “Alat“) . En ville, vous pourrez alors négocier avec les taxis locaux qui connaissent bien le site. Cette solution peut s’avérer compliquée si vous ne parlez pas russe ou azéri.
  • Avec une agence locale : à Bakou, vous pourrez trouver de nombreuses agences qui vous proposerons des tours dans la péninsule d’Absheron. La plupart du temps, les sites proposés sont : les volcans de boue, les pétroglyphes de Qobustan, Yanar Dag et Ateshgah. Souvent, le principe est le même : plus de personnes participent moins le prix est cher. Si vous en avez besoin, j’ai deux ou trois bonnes adresses sous le coude que je pourrais vous communiquer.

Après avoir découvert ces phénomènes géologiques incroyables, nous allons reprendre la route vers les pétroglyphes de la réserve de Qobustan qui se trouvent à 15km à peine des volcans de boue. Mais ça, c’est une autre histoire…

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