Une fois de plus, je vous emmène avec moi en Suisse Normande. Après notre charmant Roadtrip qui nous a fait découvrir des paysages sublimes dans l’Orne et le Calvados, j’aimerai partager avec vous le récit de ma première randonnée en solo dans ce coin de la région que j’apprécie tant. Nous partons donc direction Clécy à une quarantaine de kilomètres de Caen pour se retrouver sur les toits de la Normandie à travers une randonnée en Suisse Normande.

Randonnée en Suisse Normande : un choix s’impose

Avant de partir tête baissée, j’ai du faire un choix : quelle randonnée choisir ? En effet, il y a une bonne trentaine de circuits possibles en Suisse Normande. Je fis une liste de tous les critères : départ et arrivée accessibles en transport en commun, une difficulté modérée, et surtout de beaux paysages. Le dernier critère est assez facilement réalisable tant ce coin de Normandie est riche de points de vue incroyables. J’ai donc décidé de faire un des circuits qui se trouvent aux alentours de Clécy et qui me permettra de mettre les pieds sur ces falaises qui me fascinent depuis des années.

Cette randonnée fut importante pour moi car c’était une sorte de test pour la trouillarde que je suis ! En effet, je souhaitais me faire un petit voyage en solo, chose que je n’avais jamais réalisée. Me retrouver seule une journée fut un sacré challenge car je suis vraiment une grande trouillarde, surtout en pleine nature… Je me rappelle encore les quelques balades en foret que j’ai pu faire avec mes parents. Petits florilèges :

« Papa, tu crois qu’il y a des serpents ? »

« Papa, c’est des traces de sangliers ça ? »

« Comment ça si j’en vois un, je dois courir ?! »

« Oh p***, y a un truc qui a touché mon bras ! »

Je pense que vous commencez à visualiser le personnage. Pourtant, j’ai vraiment envie de me prouver que j’en suis capable. Certains d’entres vous riront peut-être de moi car vous pourriez avoir une expérience solide dans le domaine de la randonnée en solo. Pour moi, c’est un défi et je l’ai relevé !

Premiers pas apeurés mais premiers pas tout de même

8h30. J’arrive de bon matin dans la petite ville de Clécy, toujours aussi charmante mais totalement déserte. En même temps, tout le monde doit être en train de siroter son café du matin alors que moi, je me suis mise dans la tête de me balader seule en pleine nature. Complètement seule… Voilà… Il est vrai que j’ai peut être stressée un petit peu, je dois l’avouer. Je vous ai dit que j’étais une vraie froussarde ! De plus, comme j’ai une chance incroyable, il ne fait pas très beau mais j’aurait du m’en douter avec ma poisse légendaire. Si on résume la situation : je suis seule, je n’ai jamais fait de randonnée de ma vie, il n’y a pas âme qui vive dehors. La première chose qui me vient pas la tête est : « Qu’est ce que je fous là ? »

Je descends vers l’Orne pour atteindre le point de départ du circuit de la randonnée, aidée par un plan de celui-ci. Après avoir traversé un pont, je me retrouve dans le hameau Le Vey. A gauche de l’église, je prends un petit chemin et je me retrouve sur un long sentier dans les bois. Celui-ci est entouré d’arbres de chaque coté de telle sorte qu’on se croirait dans un tunnel de verdure sans fin. J’ai oublié de vous dire : j’ai carrément les pétoches dans les bois ! Avec mon imagination débordante, je ne vous raconte pas les dégâts. Au moindre bruit, je sursaute, mon cœur s’emballe, mon cerveau se fait des films. Je sens que cette journée sera mémorable…

9h10. Message de Monsieur A. : « Tu connais Blair Witch ? Un film d’horreur qui se passe dans les bois ». Gloups…

L’arrivée au Pain de Sucre

Le premier kilomètre se fait dans la douleur. Non, non, je ne suis pas du tout dans l’exagération. Bon peut-être un peu, je vous l’accorde… Pendant mes milles premiers mètres, je suis sur mes gardes. Je sursaute à chaque bruissement et à chaque craquement de branches. Ce ne sont que des petits rongeurs ou des oiseaux qui font leurs vies, enfin je crois. J’ai aussi fait la rencontre de ces magnifiques et énormes limaces oranges et bien baveuses, qui m’écœuraient tant étant enfant. Plus j’avance dans mon tunnel de verdure, plus celui-ci se parsème ici et là de roches. Je sens que le chemin commence à monter.

Je tombe alors sur une croisée des chemins. Je regarde le balisage qui m’indique la suite de la randonnée vers la droite. Mais j’ai le sentiment que le sentier qui monte vers la gauche me réserve une bonne surprise, alors je suis mon instinct et j’arrive en haut d’une falaise. Je suis sur le Pain de Sucre, ce promontoire naturel à 171m d’altitude ! Je suis seule, face à un panorama exceptionnel. Devant moi, j’ai vu sur toute la vallée jusqu’à l’horizon, l’Orne à mes pieds. Le soleil commença à pointer le bout de ses rayons à travers les nuages pour illuminer la scène, comme si il avait attendu toute la matinée pour rendre mon arrivée magique. Franchement, on aurait dit le remake de la scène d’ouverture du Roi Lion (sans lionceau, sans singe, sans la foule d’animaux qui se prosternent).

Randonnée en Suisse Normande : Les Rochers de la Houle

Après avoir contemplé ce panorama grandiose, je continue ma marche et je tombe sur quelques randonneurs. Nous allons tous dans la même direction, les Rochers de la Houle. J’ai eu un peu de mal lors de la dernière montée. Il faut dire que je ne suis pas (carrément pas) très sportive mais mon effort sera récompensé. On peut aussi accéder aux Rochers de la Houle par la Route des Crêtes si vous êtes en voiture (J’en parle ici). Ce lieu faisait surement parti, il y a des plusieurs milliers d’années, d’un grand massif frappé par la mer qui recouvrait alors la région.

Du haut des Rochers de la Houle, à 240m, on a une magnifique vue sur la Suisse Normande, son bocage, ses champs, ses forêts, … C’est aussi ici que les passionnés de deltaplanes et de parapentes se donnent rendez vous. D’ailleurs, ce jour-là, ils étaient présents et j’ai passé de longues minutes à les regarder se jeter dans les airs tels des oiseaux. Bizarrement, un jour, je me suis dis que ce serait génial de tester le parapente. Mais je ne sais pas d’où m’est venue cette idée car en les voyant sauter dans le vide, les premiers mots qui me sont venus sont : « C’est des malades ! ». Et pourtant, ce doit être hallucinant, euphorisant de planer au dessus de cet écrin sauvage de verdure et de roche. On doit avoir un tel sentiment de liberté

La rencontre qui a illuminé ma journée

Le soleil est désormais bien présent et il n’y a pas plus agréable pour cette randonnée en Suisse Normande. Je me retrouve désormais sur les hauteurs du hameau Le Vey, entre les champs, et je marche en direction des Rochers du Parc. Je suis à l’affût pour essayer de voir quelques rapaces ou d’autres animaux. Pour le moment, je n’ai vu que des vaches, des limaces et des crottes de lapins… Je descends doucement une colline près de Sourdeval et en tournant la tête vers la droite, dans les bosquets, je le vois.

Il est là, me fixant, sans un bruit, sans un mouvement. La rencontre que j’espérais tant se produit. Le petit chevreuil est devant moi et je tente, sans l’effrayer, d’immortaliser le moment avec mon reflex. Certains diront que ce n’est qu’un chevreuil mais, vivant en ville, je n’ai plus du tout l’habitude de croiser des animaux sauvages, à part les étudiants alcoolisés beuglant dans les rues caennaises les jeudis soirs. Lui et moi, nous nous regardons mutuellement lorsqu’il se mit à détaler, d’un coup.

Randonnée en Suisse Normande : Les Rochers du Parc

J’arrive enfin au niveau des Rochers du Parc. La forêt et les champs laissent place à la roche et à la bruyère. Lorsque celle-ci est en fleurs, les falaises semblent se draper d’un fin drap violet. Tout le long de ma promenade sur le sentier, le long de la crête, je vois les méandres de l’Orne et je reconnais ses courbes. D’habitude, je suis en bas, en train de faire du kayak et je regarde les randonneurs en haut des falaises. Cette fois, c’est moi qui surplombe le monde et son camaïeu de verts à perte de vue.

Je me rapproche de plus en plus de Clécy car je commence à entendre les cris et les rires des enfants qui jouent au bord de l’eau. Enfin, je vois le viaduc sur lequel, autrefois, le train passait. Désormais c’est le trajet de la Vélo Francette, ce chemin qui mène les amoureux du vélo de Ouistreham à La Rochelle.

Randonnée en Suisse Normande : quelques infos

Cette randonnée fait 9,3km et le temps de parcours estimé est de 2h30. J’ai mis de mon coté 4h, mais je suis restée longtemps du coté du Pain de Sucre et des Rochers de la Houle à admirer le paysage. J’ai aussi fait de nombreuses pauses photos. Non, je n’essaye pas de me justifier, c’est pas vrai. Si comme moi, vous faites peu de randonnées ou que vous ne pratiquez pas de sports régulièrement, sachez qu’elle reste tout à fait réalisable par des novices. Par contre, ne faites pas l’impasse sur de bonnes chaussures !

La première partie de cette randonnée à Clécy se passe en foret mais une fois sur les hauteurs, vous serez souvent à découvert : n’oubliez pas le chapeau et la bouteille d’eau surtout si vous faites cette balade en été.

Pour plus d’informations et pour la carte de cette randonnée, je vous conseille de contacter l’Office de Tourisme de la Suisse Normande. C’est une équipe vraiment sympathique et ils sauront vous aiguiller.

Je trouve que cette première randonnée solo en Suisse Normande est une vraie réussite, qu’en dites vous ? Comme je vous l’ai indiqué précédemment, ce parcours est l’une des très nombreuses possibilités en Suisse Normande. Vous trouverez forcément chaussures à vos pieds ! Personnellement, je suis fière de ma première randonnée et je suis rentrée chez moi avec pleins de nouvelles idées en tête. Affaire à suivre, donc !

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